Mauro Meurisse
Mauro Meurisse
Planning Executive Tv
29/10/2020
La fiction flamande contre Netflix, c’est un peu David contre Goliath. Ce combat ne fait cependant que des gagnants. Netflix enrichit régulièrement son catalogue de fictions flamandes et, à l’inverse, le n°1 du streaming booste notre production locale. Un win-win qui bénéficie au téléspectateur, mais aussi aux annonceurs.

Production : rehausser la barre créative

« L’arrivée de services internationaux de streaming tels que Netflix a haussé la barre pour tout le secteur de la fiction », commence Olivier Goris, responsable des programmes. « Les séries belges doivent soudain soutenir la comparaison avec des hits internationaux tels que Black Mirror, The Crown ou House of Cards. Les séries flamandes n’ont pas leur pareil pour toucher la corde sensible chez chacun, ce qui n’a pas échappé aux responsables étrangers. Nos séries s’exportent remarquablement bien. Pensez par exemple à Beau Séjour, Gevoel Voor Tumor, Tabula Rasa ou Tytgat Chocolat. On a récemment appris la prochaine diffusion de De Twaalf à l’international, en commençant par l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne et la France. Et ce, après avoir décroché le prix du ‘Meilleur Scénario’ à Canneseries, et avant même sa première minute de diffusion sur Eén. Les séries flamandes ravissent les téléspectateurs et garantissent d’excellentes audiences aux annonceurs. »

Financement : l’union fait la force

Les budgets de production des séries internationales donnent le tournis. Nos productions locales peuvent-elles tenir le rythme ? Jan Matthys (un réalisateur qui travaille aussi pour la BBC et pour Netflix) répond : « Les réalisateurs flamands sont remarquablement créatifs et ont l’habitude de trouver des solutions ‘originales’. Un exemple ? Dans ‘The Last Kingdom’, la série que j’ai réalisée, une scène avec chevaux était prévue. Une dizaine de chevaux avaient été loués et, d’emblée, j’ai réfléchi en termes d’économie de coûts : en filmant ces 10 chevaux sous plusieurs angles différents, on donnerait l’impression d’en avoir 50. J’avais à peine émis cette idée que le responsable des effets spéciaux m’est tombé dessus : ‘Ça, c’est mon job. Vous ne devez pas vous occuper de cela ! »

Créativité et économie de coûts, donc. « Pour boucler un budget, nous devons effectivement faire appel à de très nombreux partenaires », confirme Olivier Goris. « Pour GR5, un roadthriller psychologique qui devrait bientôt passionner les Flamands le dimanche soir, Eén a frappé à la porte de Telenet, a reçu des subsides via le tax-shelter et a conclu un partenariat avec la chaîne allemande ZDFneo. Tout cela demande des efforts, mais cela vaut le coup ».

Planning : une question de réactivité

Les habitudes de consommation évoluent également. Aujourd'hui, les contenus se consomment de plus en plus à la demande ou sous forme de séries. La VRT n’a pas raté ce train. Ainsi, Canvas est déterminé à exploiter encore davantage les possibilités offertes par VRT NU, la plateforme à la demande de la VRT. En janvier, la chaîne a commencé à diffuser la troisième saison de The Handmaid's Tale. Depuis le premier épisode, la série peut être regardée online. « C’est logique », estime Olivier Goris, « La deuxième saison a été regardée à la demande à 70%. L’expérience montre que le téléspectateur souhaite visionner de tels contenus à l’aise, à son rythme. »

Les séries étrangères sont un des piliers de la chaîne, même si nombre d’entre elles ont déjà été diffusées sur d’autres plateformes. « Nous souhaitons que Canvas joue un rôle d’éclaireur », conclut Olivier Goris. « La VRT diffuse les meilleurs contenus venus de l’étranger. Et lorsque c’est possible, nous tentons d’y apporter ‘un petit quelque chose de plus’. Ainsi, lorsque nous avons programmé la remarquable série Tchernobyl, nous y avons couplé un reportage de Jan Balliauw – un fin connaisseur de la Russie – sur les environs de la centrale, pour faire le lien entre la réalité et la fiction. » Cette valeur ajoutée fidélise les téléspectateurs. En anticipant toutes les évolutions, la VRT est prête pour l’avenir et pour la télé de demain.